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Les questions du mois (Juin 08) 

Je réponds ici aux questions posées à l’adresse email confidentielle mise à votre disposition.

Pas de vraie question, mais deux courriers émanant de deux compositeurs amis, Gerald et Hervé. Leurs encouragements me vont droit au cœur. Hervé me fait remarquer que j’agis d’une façon assez inhabituelle : je fais enregistrer certaines scènes avant même d’avoir tout écrit ! C’est vrai. Plusieurs raisons à cela :

Un opéra dispose par lui-même d’une colonne vertébrale : c’est son livret. C’est le guide du style, du rythme et des émotions à faire naître. Avec lui, je sais au moins où je dois aller.

Par ailleurs, j’ai composé les thèmes et leitmotivs. Je me sers d’ailleurs aussi de ceux qui figurent dans ma petite pièce symphonique écrite voici quelques années (« La Lance et le Sang ») sur le même sujet.

J’ajoute, à propos de mon mode de composition, que je ne réalise pas de première version pour piano ; je pense et écris directement pour l’orchestre.

Enfin, j’ai pensé qu’il pouvait vous intéresser de disposer rapidement de quelques illustrations sonores pour mieux comprendre mes propres pensées. Sans cette raison, j’aurais probablement attendu la fin de la composition du premier acte pour enregistrer quoi que ce soit et recruter des interprètes.

Chronique d’une écriture

Travail énorme, ce mois ci, 40 à 50 heures par semaine. Les chanteurs ont tous des emplois du temps chargés. Nous avons donc décidé qu’une partie du premier acte serait enregistrée à partir du 16 Juin, et le reste, si possible, en septembre. Or, deux scènes devaient encore être composées, et trois devaient être orchestralement enregistrées. Voilà, c’est achevé, mais ces personnes de talent ne disposent des partitions et de la bande sonore que trois petites semaines avant d’entrer dans le studio d’enregistrement. Heureusement, ils ont l’habitude d’apprendre vite !

Je découvre chaque jour davantage que la musique d’un opéra est beaucoup plus importante que son texte (ce n’est pas très original !), même si celui-ci est la colonne vertébrale de l’ensemble. Un opéra s’accommode  rarement bien de longs monologues ; et s’ils ne sont pas chantés dans la langue de l’auditeur, personne ne les comprend et l’ennui gagne vite. En progressant dans l’écriture, je me rends compte que mon Livret veut sans doute faire passer trop d‘idées (dans le second acte).J’ai déjà commencé à couper des scènes (peut-être importantes d’un point de vue philosophique ou qui précisent bien mes points de vue), mais secondaires pour la compréhension générale de l’action. Choix difficile ! On voudrait tout garder, mais c’est impossible. Et ce second acte risquerait de durer plus d’une heure 45 ; c’est trop.La composition du second acte devrait commencer en septembre ou octobre après l’enregistrement complet du premier acte.

Réunion avec les chanteurs. Ils me font remarquer qu’ils peuvent, l’un chanter plus haut, l’autre plus bas que ce qui est écrit. Très bon à savoir, je vais pouvoir faire du « sur mesure ». En marge de cela, je n’aime pas les prouesses vocales semées à plaisir dans de nombreux opéras. Un chanteur chante pour exprimer quelque chose, pas pour faire un numéro.
J’évite de trop penser à l’argent. Pourtant, je devrais. Cet opéra va me ruiner. Je n’ai aucune subvention et c’est tant mieux, je déteste ce système. Je ne vois pas de raison de demander au contribuable de payer pour un enregistrement qui ne l’intéresse peut- être pas. Pourvu que les premiers enregistrements se passent bien !
Trois nouveaux interprètes nous rejoignent :


  
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Thierry Di Meo, ténor, qui interprétera le rôle de l’évêque Gillardino est âgé de 35 ans. A ma connaissance, il est le seul chanteur professionnel au monde à détenir un diplôme d’études supérieures en Astrophysique (premier secteur professionnel qu’il l’ait attiré). Mais il change d’orientation lorsqu’il découvre le chant, passion à laquelle il se consacre depuis une dizaine d’années (encouragé en cela par le célèbre baryton Alain Fondary).

Il débute une carrière artistique à l’Opéra-Théâtre d’Avignon au sein des chœurs et chante dans diverses productions avant d’être admis en 2005 dans les chœurs de l’Opéra de Nice. Nous le découvrons dans les animations du chœur d’enfant en 2006, dans des interventions dans « Ariane et Barbe-Bleue » de Paul Dukas, ainsi que dans le rôle de « Bastien » dans « Bastien Bastienne » de Mozart.. Il se produit également en concert (mélodies, lieder, extraits d’opéras et d’opérettes). Il chante également au sein d’un groupe de musique « baroque » et « renaissance ».